discours de Mme Y à G. lors de la manifestation du 13 juillet 2013

discours de Grenoble lors de la manifestation du 13 juillet 2013

Bonjour,

Je suis  grand-mère paternelle d'un petit garçon, appelons-le X,  placé à l'ASE.

Cela fait 4 ans 1/2 que nous nous battons pour lui.

J'ai obtenu le 8 février 2013, par la Juge des enfants, un droit de visite d'une fois par mois pour le voir. Aucune visite n'a été organisée en février et en mars. J'ai réussi à voir X le 3 avril et depuis plus rien.

J'ai écrit à l'ASE en mars 2 fois en avril, et en mai : je n'ai pas eu de réponse.

J'ai écrit 6 lettres recommandées avec AR aux responsables ASE au conseil général : je n'ai pas eu de réponse.

J'ai contacté les députés de l'Isére : j'en  ai rencontré 2. J'ai ensuite contacté le "défenseur des droits" (qui dépend du tribunal). Il a téléphoné à l'ASE 2 fois. Il m'a dit que je n'étais pas la seule dans ce cas.  Je pense que son intervention a déclenché l'organisation d'une visite : je verrai X vendredi 19 juillet 1 heure dans une salle de réunion de l'ASE de 3 m sur 4..

Je me pose la question : Est-ce normal de devoir faire toutes ces démarches pour un droit qui ma été octroyé par la Juge des enfants ?

Pourquoi  l'Aide Sociale à l'Enfance, cet organisme de l'état, dépendant du conseil général, ne met pas en place ces visites alors que rien ne les interdit ?

La loi 371-4 spécifie « qu'un enfant a le droit d'entretenir des relations personnelles avec ses ascendants et que seul intérêt de l'enfant peut faire obstacle à l'exercice de ce droit ».

Mais pourquoi une telle loi, si elle n'est pas respectée, par la protection de l'enfance ? C'est pour ce genre de comportement préjudiciable à l'intérêt supérieur d'un enfant, que le groupement des grands-parents en colère,  dont je fais partie, demande qu'un amendement soit apporté à cette loi : cet amendement le voici : « Seul un juge (des enfants ou des affaires familiales) a le pouvoir de fixer une restriction des droits relationnels pour garantir l'intérêt de l'enfant » .

Nous avons entrepris une action auprès de tous les députés pour faire connaître ce que nous vivons face à l'Aide Sociale à l'Enfance ou d'autres associations de protection de l'enfance et faire adopter cet amendement qui permettrait de faire respecter un droit de visite, qui plus est octroyé par un juge.

Espérons que nos actions porteront leurs fruits.

Il faut savoir que souvent, en France, c'est l'Aide Sociale à l'Enfance qui décide si un enfant verra ou non ses ascendants. Ce qui signifie que c'est souvent une personne, une seule, le ou la référente du dossier, qui décide seul(e).

Malgré l'octroi de ce droit de visite le 19 juillet, je maintiens quand même ma décision de manifester : J'ai écrit par lettre recommandée avec AR à l'ASE début juillet pour connaître les dates de visite du mois d’août et ça recommence : l'on me répond en me redonnant la date du 19 juillet !!.

Faudra-t-il que je refasse tous les mois le tour des députés, des responsables ASE et du défenseur des droits pour voir Evan 1 heure par mois ? Evan qui me réclame.

Ne serait-il pas plus simple d'organiser un planning écrit ?

Nous manifestons, avec votre soutien, pour X, pour qu'il puisse voir sa grand-mère régulièrement, comme la juge l'a autorisée en février (en hiver ! Et nous sommes en plein été)

Nous manifestons aussi pour tous les grands-parents (et les parents) qui sont dans notre cas, pour ceux qui n'ont pas forcément le soutien que nous nous avons et qui se trouvent face à ces prises de pouvoir (hors champs de compétence) irrationnels des travailleurs sociaux de l'ASE ou des associations de protection de l'enfance.

Beaucoup de parents ont peur des représailles de l'ASE s'ils parlent ou manifestent alors.... ils sombrent silencieusement.

Je voudrais remercier les associations qui nous soutiennent :

- le fil d'Ariane à Aulnay sous Bois

- le comitéCEDIF

- les grands-parents en colére.

- SOS parents abusés.

Le budget de la protection de l'enfance est de 6 milliards d'euros par an !

Bien sûr, l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) a une utilité : dans notre pays, des enfants ont besoin d'être protégés, c'est évident.

Mais, il faut savoir ce que Mr Pierre Naves, l'Inspecteur Général des Affaires Sociales, dit dans son rapport officiel que l'on peut lire sur internet. Il écrit que 50 % des enfants placés ne devraient pas l'être ! 50 % des enfants placés ne devraient pas l'être !

X, tu fais partie de ces 50 % puisque tu as une famille qui veut et peut s'occuper de toi.

50 % des enfants placés ne devraient pas l'être, parce qu'il existe d'autres solutions que le placement en institution ou en famille d'accueil.

La loi 375-3 le prévoit.  Elle dit :

« si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier :

1° à l'autre parent,

2° à un autre membre e la famille ou à un tiers digne de confiance,

3° à un service départemental de l'aide sociale à l'enfance... »

Le législateur a prévu selon un classement numéroté de placer un enfant en priorité auprès d'un membre de sa famille. Mais cette loi n'est pas respectée. Pourquoi ? Parce que l'ASE propose au juge, en priorité, le placement en institution. Et que les juges écoutent à 98 % ce que disent les travailleurs sociaux de l'ASE. Ce n'est pas moi qui le dit. C'est écrit dans le rapport de la Cour des Comptes de 2009.

Personne ne peut nier que les grands-parents ont une place auprès de leurs petits-enfants.

Il serait donc utile de faire respecter la loi 375-3 suivant les alinéas et non suivant les sollicitudes des rapports de la protection de l’enfance.

Le droit du contradictoire, une base de notre justice, est souvent écarté dans les affaires concernant des enfants en difficultés familiales. Les adultes entourant les enfants sont rarement écoutés et le juge prend des décisions selon les préconisations de la protection de l’enfance.

Avant ces difficultés, jamais je n'aurais pensé qu'une chose pareille soit possible de la part de "travailleurs sociaux", de la part d'un conseil général qui les gère. Mais la réalité est là.

Je remercie particulièrement les associations qui nous soutiennent en leur renouvelant mes remerciements pour leur présence chaleureuse, leur soutien efficace et leurs conseils avisés concernant l'attitude à avoir face à l'ASE, depuis 4ans pour certaines.

Je veux remercie   l'avocate  de Paris du père d'Evan.

Je veux remercier tous ceux qui nous ont adressé un message de soutien.

Et je veux vous remercier, vous, pour votre présence, ici ce matin vous qui savez l'injustice et surtout l'incompréhension de la situation qui est faite à X et à sa famille.

Je veux avoir une pensée pour tous les enfants, tous les parents, tous les grands-parents qui vivent la même injustice que nous. Il peuvent me contacter ou contacter une association.

X : tu verras cette vidéo lorsque tu seras plus grand. Sache que nous pensons à toi chaque jour, que nous t'aimons et sache que tu n'avais rien à faire dans ce lieu de vie au milieu de 11 ou 12 enfants dont 6 adolescents. Tu as 5 ans.. Sache aussi que nous sommes déterminés à te sortir de là, pour que tu puisses avoir, enfin, une vie d'enfant en famille, une vie normale. Nous t'aimons et nous allons te chanter une chanson :

 

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